Vaccins anti-infectieux (complications cutanées et cutanéo-muqueuses)

7 février 2013, par SORIA A.

1 - INTRODUCTION

Les vaccins anti-infectieux représentent la mesure de santé publique la plus efficace dans la lutte contre les maladies infectieuses[i]. Les vaccins et leurs composants peuvent être à l’origine d’effets secondaires qui restent rares. Aux Etats Unis, le nombre de réactions modérées ou sévères après vaccination des vaccins courants (grippe, hépatite B, rougeole-oreillons-rubéole, diphterie-tétanos-polio) entre 1991 et 2001 est relativement stable ; 7,2 réactions pour 100 000 doses administrées en 1991 contre 5,8 pour 100 000 doses administrées en 2001 [ii]. Les effets secondaires les plus fréquents sont locaux, des réactions systémiques existent et sont le plus souvent bénignes.

2 - RISQUES ASSOCIÉS AUX PRINCIPAUX COMPOSANTS DES VACCINS

Différents composants entrent dans la composition des vaccins :

- des milieux de culture : généralement composés de protéines ou peptides (sérum de cheval, cellules de souris, de singe…)

- des additifs parmi lesquels : des antibiotiques (néomycine, gentamycine, polymyxine B…), des conservateurs (formaldéhyde, thiomersal, aluminium, 2-phenoxy-ethanol…), des stabilisateurs (gélatine, lactose, polygélines, polysorbate 80/20),

- des contaminants (latex)

- et des composants de l’agent infectieux (anatoxines, pathogène atténué ou modifié…)

3 - PRINCIPAUX TYPES DE RÉACTIONS AUX VACCINS

3.1 - RÉACTIONS LOCALES 

Une inflammation et une sensibilité locales pendant 24 à 36 heures sont banales et fréquentes.

3.2 - RÉACTIONS GÉNÉRALES 

Différentes réactions générales sont décrites après vaccination :

– Des réactions impliquant des cellules du système immunitaire (immunoglobulines E, lymphocytes T, complexes immuns…)

– Des réactions appelées souvent « pseudo-allergiques » le plus souvent chez des patients déjà immunisés (ayant soit déjà été vaccinés soit ayant déjà rencontré l’agent infectieux)

– Des réactions auto-inflammatoires, auto-immunes ; démasquant le plus souvent une pathologie déjà présente souvent à minima ; la vaccination n’est probablement qu’un facteur surajouté.

– Des réactions générales avec de la fièvre, des courbatures, des frissons, une fatigue surviennent dans les jours suivants la vaccination sans gravité particulière.

Pour limiter ce type de réactions, on conseille de différer toute vaccination en cas de fièvre, de maladie aiguë ou de maladie chronique évolutive.

Depuis plusieurs années, de très nombreuses pathologies sont rapportées comme étant liées à la vaccination anti-infectieuse (asthme, atopie, autisme, sclérose en plaques, polyradiculonévrite de Guillain-Barré…) ; à l’heure actuelle aucune preuve formelle de lien entre la vaccination et ces pathologies n’a été mis en évidence [iii] [iv] [v] [vi].

Les réactions allergiques aux vaccins restent rares, le taux de réactions présumées allergiques serait comprises entre 1 à 10 par million de doses de vaccin administrées ; les vaccins les plus fréquemment incriminés étant ceux contenant des anatoxines [vii] [viii]

4 - CONCLUSION 

Les réactions cutanéo-muqueuses aux vaccins ne sont pas rares ; les réactions locales survenant aux points d’injection sont de loin les plus fréquentes et sont dans la majorité des cas bénignes. Les réactions allergiques aux vaccins restent rares ; en cas de suspicion d’une telle réaction un bilan allergologique est nécessaire.

 

 

 


[i] « A plethora of hi-tech vaccines — genetic, edible, sugar glass, and more », CVI forum no 18 (juillet 1999) : 5‑23.

[ii] Weigong Zhou et al., « Surveillance for safety after immunization : Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS)—United States, 1991-2001 », Morbidity and mortality weekly report. Surveillance summaries (Washington, D.C. : 2002) 52, no 1 (janvier 24, 2003) : 1‑24.

[iii] G Ada, « Vaccines and vaccination », The New England journal of medicine 345, no 14 (octobre 4, 2001) : 1042‑1053, doi:10.1056/NEJMra011223.

[iv] A Patja et al., « Risk of Guillain-Barré syndrome after measles-mumps-rubella vaccination », The Journal of pediatrics 138, no 2 (février 2001) : 250‑254, doi:10.1067/mpd.2001.111165.

[v] Lynn Eaton, « New research on autism and measles “proves nothing” », BMJ (Clinical research ed.) 324, no 7333 (février 9, 2002) : 315.

[vi] F Zipp, J G Weil, et K M Einhäupl, « No increase in demyelinating diseases after hepatitis B vaccination », Nature medicine 5, no 9 (septembre 1999) : 964‑965, doi:10.1038/12376 ; C Confavreux et al., « Vaccinations and the risk of relapse in multiple sclerosis. Vaccines in Multiple Sclerosis Study Group », The New England journal of medicine 344, no 5 (février 1, 2001) : 319‑326, doi:10.1056/NEJM200102013440501 ; B Taylor et al., « Autism and measles, mumps, and rubella vaccine : no epidemiological evidence for a causal association », Lancet 353, no 9169 (juin 12, 1999) : 2026‑2029 ; Annamari Mäkelä, J Pekka Nuorti, et Heikki Peltola, « Neurologic disorders after measles-mumps-rubella vaccination », Pediatrics 110, no 5 (novembre 2002) : 957‑963 ; C E Kuehni et al., « Are all wheezing disorders in very young (preschool) children increasing in prevalence ? », Lancet 357, no 9271 (juin 9, 2001) : 1821‑1825, doi:10.1016/S0140-6736(00)04958-8.

[vii] C Ponvert, « [Allergic and non-allergic hypersensitivity reactions to toxoid-containing vaccines] », Archives de pédiatrie : organe officiel de la Sociéte française de pédiatrie 16, no 4 (avril 2009) : 391‑395, doi:10.1016/j.arcped.2009.01.002.

[viii] Kari Bohlke et al., « Risk of anaphylaxis after vaccination of children and adolescents », Pediatrics 112, no 4 (octobre 2003) : 815‑820.

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