Notalgie paresthésique

28 août 2018, par MISERY L.

1 - GÉNÉRALITÉS

La notalgie paresthésique est une affection neuro-cutanée caractérisée par des sensations anormales dans une région bien définie du dos. Ces sensations sont des paresthésies, recouvrant un vaste spectre allant du prurit à la vraie douleur, en passant par des picotements. L’examen cutané est normal. De la même manière, on définit la cruralgie, la lombalgie, la méralgie ou la brachialgie paresthésique dans d’autres localisations.

Il s’agit donc d’une neuropathie sensorielle. L’innervation dermique est augmentée. Un lien avec une compression des racines nerveuses rachidiennes est souvent évoqué. La notalgie paresthésique est parfois associée au syndrome de Sipple (neuro-endocrinopathie multiple) et peut donc avoir un caractère familial.

Les rapports entre la notalgie paresthésique et l’amyloïdose maculeuse sont discutés. L’amyloïdose cutanée correspond à une plaque limitée pigmentée et prurigineuse. Pour certains, les deux maladies sont parfois associées alors que, pour d’autres, la notalgie paresthésique est l’une des étiologies de l’amyloïdose. Ce point de vue semble de plus en plus l’emporter.

2 - OUTILS ET STRATÉGIE DU TRAITEMENT

Le traitement de première intention de la notalgie paresthésique est la capsaïcine topique. La capsaïcine inhibe la libération de neuropeptides par les fibres nerveuses dermiques en se liant au récepteur TRPV1. Actuellement, ce médicament n’est pas commercialisé en France mais l’est dans de nombreux pays. Une préparation magistrale est possible (teinture de capsicum 12,5 g et vaseline 37,5 g ; à conserver au réfrégirateur) et doit être appliquée deux fois par jour pendant 2 mois. Il faut prévenir le malade de la survenue fréquente de sensations de brûlure légère en début de traitement. En cas de récidive, il ne faut pas hésiter à reprendre les applications. D’autres traitements topiques par anesthésiques locaux (crème Emla®) peuvent être utilisés. En milieu spécialisé, on peut aussi appliquer des patchs de capsaïcine à 8% (Outenza®). Par voie orale, on peut utiliser les antidépresseurs tricycliques tels que l’amitriptyline à la dose de 50 mg/j au minimum. Les antihistaminiques sont peu efficaces. Le traitement le plus efficace semble finalement être représenté par la gabapentine ou la prégabaline. La physiothérapie (ultrasons) est souvent utilisée. Le bloc anesthésique paravertébral ou la stimulation électrique nerveuse trans-cutanée peuvent être tentés en dernier recours.

3 - DÉCLARATION DE CONFLIT D’INTÉRÊTS

L’auteur ne présente, pour ce chapitre, aucun conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique ou laboratoire ou fabriquant de produits ou de matériels médicaux.

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